Comment garder ses employés lors d’un arrêt de production
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La baisse des ventes et des commandes, la réduction des heures de travail et les ajustements opérationnels peuvent mener à un arrêt ou à un ralentissement de la production dans le contexte économique actuel. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe une solution simple et accessible qui a fait ses preuves pour maintenir le lien d’emploi dans des entreprises du secteur de la transformation du bois au Québec.
Dans cet article, on vous explique comment la reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) peut vous aider à garder la main-d’œuvre expérimentée en poste, même en période de ralentissement ou d’arrêt de production. Une plus-value autant pour votre entreprise que pour les travailleuses et travailleurs!
Une formation clés en main à même votre usine
Lorsqu’un arrêt de production se dessine à l’horizon, on cherche des moyens de conserver le lien d’emploi avec les travailleuses et travailleurs, pour éviter qu’ils ne quittent le navire. Mais comment y arriver quand les ressources financières sont limitées? C’est ici que la formation de la main-d’œuvre entre en jeu, notamment celle en opération d’équipements de production.
Lancée en 2023 par Formabois, cette formation en alternance travail-études mise sur la reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) du personnel à l’emploi. L’objectif est clair : reconnaître officiellement les compétences déjà acquises et enseigner celles qui sont manquantes, afin de décerner un diplôme du ministère de l’Éducation du Québec (MEQ).
« On s’adapte à la réalité des entreprises pour fixer un horaire selon le nombre d’heures disponibles par semaine. L’idée est de réunir une cohorte d’un minimum de 5 ou 6 employés qui seront formés et évalués en usine, à même les équipements de production », dit Chantal Paquet, chargée de projets chez Formabois.
Depuis son lancement en 2023, le programme a permis de diplômer 221 travailleuses et travailleurs, en collaboration avec 10 centres de services scolaires et 20 entreprises différentes. Jusqu’à 280 heures peuvent être financées, incluant les heures de diffusion de la formation ainsi qu’une partie du salaire des employés participants. De quoi préserver le lien d’emploi avec le personnel, le temps que la production reprenne son rythme habituel.
« L’une des forces du programme est certainement sa flexibilité et son accessibilité en région. Au fil du temps, nous avons tissé des liens avec plusieurs centres de services scolaires. On a même monté la formation en seulement quatre jours pour une entreprise de Baie-Comeau — tout un exploit! », s’exclame Chantal.

Une formule gagnant-gagnant
Si le programme de reconnaissance des acquis et des compétences (RAC) est aussi apprécié, c’est sans contredit grâce aux retombées positives qu’il génère autant pour l’employeur que son personnel.
« Les travailleuses et travailleurs en ressortent avec un grand sentiment de fierté et le goût de continuer d’apprendre. Pour certaines personnes, il s’agit d’un premier diplôme, c’est très motivant! Ça peut donner envie de poursuivre, d’aller encore plus loin avec la formation continue », déclare Chantal.
Du côté de l’entreprise, les effets sont tout aussi positifs : productivité accrue et cohésion d’équipe renforcée, notamment grâce au module de formation sur la communication. Les employés développent également une vision plus globale de l’organisation et une meilleure compréhension des rôles de chacun.
« Grâce à cette solution, les gens témoignent d’une belle reconnaissance et d’une loyauté envers leur entreprise, en restant fidèles, même une fois leur diplôme en main. Ça devient un avantage RH concret », soutient la chargée de projets de Formabois.
Avec des retombées tangibles, le programme fait l’objet d’un projet de recherche par l’Université de Sherbrooke, afin d’en évaluer les bienfaits et les effets positifs. Le but est de présenter, l’an prochain, ces résultats dans un document de recherche destiné à la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT) et aux acteurs concernés, entre autres pour inspirer les autres comités sectoriels de main-d’œuvre (CSMO).
D’ici là, une cohorte bien spéciale devrait se terminer en juin : une cohorte 100% féminine, composée de 11 femmes de l’entreprise Matra. Une première!
« On fait la promotion du programme auprès des responsables des ressources humaines dans les salons et les événements ouverts aux entreprises. Certains employeurs en entendent aussi parler par d’autres qui l’ont déjà expérimenté. Dans tous les cas, on invite les gestionnaires à prendre l’information ou à nous contacter pour établir les ponts, en amont, question d’être prêts si le besoin se présente », conclut Chantal Paquet, chargée de projets chez Formabois.
Par Maude Lambert-Bonin, rédactrice web pigiste pour Formabois depuis 2018. À travers ses articles de blogue, Maude met en lumière les acteurs et les initiatives qui façonnent l’avenir de l’industrie de la transformation du bois au Québec.